histoire de la mode

Depuis de nombreuses années, j’achète et je reçois les robes, les manteaux, les vestes qui témoignent de la grande histoire de la mode. C’est devenu chez moi une attitude corporative de les préserver… Azzedine Alaïa

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

  • azzedine alaïa montrant comment draper une robe de vionnet, galerie azzedine alaïa, 1990 ph. patricia camino

C’est la fermeture d’une grande de Maison de mode qui incitera Azzedine Alaïa à élargir le spectre de sa collection aux grands maîtres de la Couture. En effet, en 1968, quand Cristóbal Balenciaga décide de fermer sa maison, Mademoiselle Renée, restée plusieurs décennies au service du maître espagnol et inquiète du sort des robes, fait appel à Azzedine Alaïa pour lui proposer de choisir les modèles qu’il pourra retailler à sa guise. Impressionné par la maestria de Balenciaga dans la coupe des robes, manteaux et tailleurs qui se présentent à lui, il décide de les conserver en l’état toute sa vie. Ce patrimoine vulnérable qu’il sauve lui révèle, en parallèle de son propre travail créatif, sa vocation de collectionneur de mode.

« A quelques mois de sa disparition, Azzedine Alaïa racontait encore avec tendresse cet épisode fondateur d’une prise de conscience et de l’égard qu’il cultiva ensuite vis-à-vis de l’histoire de la mode. La suite ne fit que confirmer l’intérêt croissant et bientôt irraisonné qu’il entretint avec toutes les sources de mémoires de mode. Car indépendamment de ses moyens, modestes à ses débuts, plus confortables au fur et à mesure de ses succès, Alaïa devint vite un collectionneur avide de tout conserver. »
Olivier Saillard, historien de la mode, directeur de la Fondation

Depuis cette fin des années soixante, il cultive son intérêt pour les vêtements aux techniques certaines. Il se passionne pour la mode des années trente et cinquante. Par centaines, bientôt par milliers, Azzedine Alaïa s’entoure de robes de Paul Poiret, Madame Grès, Madeleine Vionnet, Gabrielle Chanel, Elsa Schiaparelli, et de Cristóbal Balenciaga toujours.

  • madame grès © DR

  • madame grès © DR

  • madame grès © DR

  • madame grès © DR

Il devient aussi un collectionneur majeur du travail d’Adrian, peu représenté dans les musées français. Il a en commun avec le couturier américain une cliente, Greta Garbo. La centaine de pièces de sa collection est une représentation fidèle de toutes les facettes du couturier hollywoodien.

  • Adrian, les années couture 1942-1952 ph. Andrea & VALENTINA

  • Adrian, les années couture 1942-1952 ph. Andrea & VALENTINA

  • Adrian, les années couture 1942-1952 ph. Andrea & VALENTINA

  • Adrian, les années couture 1942-1952 ph. Andrea & VALENTINA

Azzedine Alaïa était aussi un collectionneur altruiste : en 1987, sur une initiative de Maryline Vigouroux, l’épouse du maire d’alors, il accompagne et soutient la Ville de Marseille à se doter d’un musée de mode. Président d’honneur de l’institution Maison Mode Méditerranée, il fait une donation de 100 pièces Alaïa pour aider à constituer le patrimoine du jeune musée qu’il guidera, en véritable expert et fin connaisseur des ventes, dans ses projets d’acquisition avec des pièces de Mariano Fortuny, Elsa Schiaparelli, Madeleine Vionnet, etc.

Toute sa vie, ce collectionneur compulsif suivra avec assiduité les ventes aux enchères, surenchérissant parfois contre les musées de mode du monde entier pour obtenir les meilleures pièces. En 2005, Alaïa s’associe à une vente exceptionnelle organisée à Drouot : « La Création en liberté. Univers de Paul et Denise Poiret 1905-1928 ». Il va en effet accueillir, sous la verrière du 18 rue de la Verrerie, l’exposition de la vente constituée des robes que Paul Poiret avait créées spécialement pour son épouse Denise, conservées par leurs descendants. Bien sûr, il ne résistera pas à la tentation d’acquérir plusieurs pièces.

Il s’associera à une autre vente, organisée en juillet 2009 à Drouot : « Elsa Schiaparelli : Garde-robe de 1935 à 1950 » en présentant dans sa galerie une sélection des plus belles pièces en avant-première des enchères.

« A plus d’un égard, et plus souvent qu’à son tour, Alaïa vint sauver de l’oubli et de la perte les noms et les pièces vestimentaires les plus convoités aujourd’hui de la mode, grâce à lui demeurés sur le territoire français. Sans répit, le couturier additionnait les vestiges de velours à la recherche d’une technique à l’œuvre, celle qui façonne les grands destins et qui détermina le sien. » Olivier Saillard

  • Elsa Schiaparelli, galerie Azzedine Alaïa, 2009 ph. sylvie Delpech

  • Elsa Schiaparelli, galerie Azzedine Alaïa, 2009 ph. sylvie Delpech

  • Elsa Schiaparelli, galerie Azzedine Alaïa, 2009 ph. sylvie Delpech

  • Elsa Schiaparelli, galerie Azzedine Alaïa, 2009 ph. sylvie Delpech

Il regarde aussi avec attention le travail des couturiers de son temps, et acquiert, comme le ferait un conservateur de mode contemporaine avisé, les pièces les plus emblématiques de son époque avec des vêtements de Jean-Paul Gaultier, Rei Kawakubo, Martin Margiela, Yohji Yamamoto, Rick Owens, etc.

 

Je veux créer une fondation, et y mettre toutes mes archives. Je veux aussi faire des expositions. C’est important pour les jeunes, de voir comment certains des grands couturiers ont travaillé.

Tous les modèles choisis et voulus par Monsieur Alaïa témoignent de la passion du collectionneur et de l’amour qu’il nourrissait pour l’histoire de la mode. Cette prestigieuse collection des maîtres de la Couture assemblée et réunie tout au long de sa vie est digne des plus grands musées de mode.
Conscient de sa valeur inestimable et rare, Azzedine Alaïa a souhaité la transmettre à sa Fondation éponyme. Cette collection constitue aujourd’hui l’un des départements les plus importants des archives de la Fondation, aux côtés des créations d’Azzedine Alaïa.