Exposition 30.12.2017 - 25.03.2018

Alaïa par christoph von weyhe

aquarelles, dessins à la plume, gouaches et peintures sur toile

christoph von weyhe © association azzedine alaïa

Pour la première exposition en 2017 à Dar Alaïa, la Fondation Azzedine Alaïa a tenu à rendre hommage à l’artiste peintre Christoph von Weyhe, qui a été pendant près de 60 ans le compagnon d’Azzedine Alaïa.

Christoph von Weyhe est né en 1937 à Halle (Saale), en Saxe-Anhalt, où il a passé son enfance. Avant de s’installer avec sa famille dans le nord de l’Allemagne non loin du port de Hambourg qui va avoir une grande influence sur son travail.

En 1958, Christoph von Weyhe gagne Paris pour étudier à l’École des beaux-arts. Il rencontre un an plus tard Azzedine Alaïa chez la comtesse de Blégiers. Ils ne se quitteront plus.

Diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1961, il commence à travailler à la plume, afin de saisir l’image de ses paysages oniriques.

Il se rend pour la première fois à Sidi Bou Saïd dans les années soixante où il dessine le logo qui deviendra la griffe de la première collection Alaïa en 1982.

Pour Alaïa, Christoph Von Weyhe a également réalisé un dessin à la plume ainsi qu’une gouache sur papier, toutes deux appelées « Maquette de Christoph Von Weyhe pour la maison Alaïa ».
Ces maquettes seront utilisées pour la réalisation de deux robes en taffetas de soie de chez Bianchini-Férier et figureront dans la collection été 1986 d’Azzedine Alaïa.

 

imprimé réalisé par christoph von weyhe pour la maison alaïa © association azzedine alaïa

Christoph von Weyhe vit et travaille à Paris mais retourne inlassablement à Hambourg, dont le port devient le principal, puis l’unique sujet de sa peinture.
Il capture d’abord l’instant avec la gouache sur le port de Hambourg, et travaille ensuite dans son atelier parisien à une réinvention de sa sensation initiale pendant des mois, parfois des années.

exposition Christoph von weyhe - vidéo sylvie delpech

« La pratique de la peinture chez Christoph von Weyhe s’organise autour de l’idée que tout geste de peintre est un geste d’ouverture. S’il y a une fiction au travail dans ses aquarelles ou ses dessins, elle se centre autour de cet acte d’incision. Quel que soit le « contenu » (territoire abstrait ou paysage), le regard est porté sur une scène où la toile devient « ouverture sur une ouverture ».

Comme dans certains détails du ciel de « La crucifixion » du Greco, cette traversée ne mène à aucune figure précise, ne hiérarchise rien. Ce trou, ce passage ne sont là que pour mettre en forme la matière du chemin induit par la notion d’énigme.

Plus que d’apporter une réponse, dessiner est avant tout éprouver ce mouvement, ce désir de connaissance qui naissent dès que prend fin la simple jouissance de la vue. L’illusion de la possession des choses par les yeux étant abandonnée, le monde se noircit. Les acquis ne sont plus que mirages, l’obscur entoure et le peintre aveugle va devoir pratiquer de nouvelles « percées » pour se dégager de cet état transitoire. Pour ce faire, Christoph von Weyhe va se servir de la fantasmatique très classique de la fenêtre sans que celle-ci pourtant ne débouche sur aucune vérité. Son sens principal est d’être un lieu contradictoire, une lisière où se trouvent de façon contigüe le noir et la lumière. Le jeu entre les deux est tel que la qualité de leur lien est indécidable. La lumière naît du noir, le noir de la lumière, nous sommes pris dans cette indécision propre à l’espace nocturne. » Olivier Kaeppelin

  • exposition christoph von weyhe ph. sylvie delpech

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