Exposition 22.02.2019 - 26.03.2019

l'alchimie secrète d'une collection

exposition consacrée à la collection été 1992

alchimie secrète d'une collection, pékin ph.DR

A Pékin deux expositions rendent hommage à Azzedine Alaïa. La première met à l’honneur la collection la plus emblématique jamais réalisée par Monsieur Alaïa et la seconde est consacrée à sa propre collection de photographies, réalisées par des photographes célèbres, devenus au fil du temps des amis proches et qui rendent hommage à la femme sublimée par le couturier.

En 1987, Azzedine Alaïa fait l’acquisition ce qui fut jadis « l’hôtel des évêques de Beauvais » dans le Marais où il s’installe avec Christoph von Weyhe en 1991. Ce devait être à la fois son nouveau lieu de travail et sa maison. C’est là qu’il a trouvé l’inspiration de sa première collection dans son nouvel atelier, Été 1992.

Au cours des travaux de rénovation, Alaïa a été surpris de découvrir des fresques peintes à même les murs.

Conduit par son infatigable curiosité, il voulut apprendre tout ce qu’il pouvait sur ces œuvres d’art. Sa recherche patiente fut récompensée. Azzedine Alaïa découvrit qu’une jeune fille Jeanne-Antoinette Poisson avait vécu dans cet immeuble. La jeune fille deviendra plus tard la Marquise de Pompadour. Alaïa aimait à penser que c’était ici qu’elle avait étudié avec les meilleurs professeurs de l’époque et qu’on lui avait enseigné la danse, le dessin, la peinture, la gravure, le théâtre et tous les arts qui lui ont ouvert le chemin de la cour de Versailles. Cette découverte stimule l’imagination d’Alaïa. L’autorité et la grâce de la Pompadour sont devenues pour Alaïa le symbole de la liberté et de la vraie féminité.

Il a commencé à travailler sur sa collection d’été avec ces images en tête ; incorporant des éléments qui rappellent les robes et corsets du XVIIIe siècle, le tout avec une délicate « broderie anglaise ». Mais les volants et la dentelle étaient dans le style contemporain propre à Alaïa, avec des silhouettes près du corps. Les chemises sont courtes et avec les pans relevés dans le dos ce qui les rendent faciles à porter; pratiques, avec un clin d’œil aux chemises et vestes à rayures plus masculines.
Des lignes de mode masculines apparaissent également dans les vestes courtes et les manches longues, ainsi que les redingotes et manteaux légers, à mi-chemin entre une cape et un manteau. Sur des robes en maille, il pose des motifs d’entrelacs là où s’arrête le regard, ou des rubans en trompe-l’œil ornés d’un “mon cœur est à papa”, un tatouage doux pour des robes aux décolletés audacieux.

  • alchimie secrète d'une collection, pékin ph. DR

  • alchimie secrète d'une collection, pékin ph. DR

  • alchimie secrète d'une collection, pékin ph. DR

La collection Été 1992 est la plus importante qu’Azzedine Alaïa ait jamais présenté avec plus de 115 tenues.

Des mois et des mois de préparation ont été nécessaires à la conception et à l’exécution de chaque pièce. Ce travail créatif il l’a réalisé personnellement, dans la solitude de sa nouvelle maison, durant de longues nuits passées à tailler et à coudre debout à sa table dans son studio. 
Azzedine Alaïa a mis toutes ses forces émotionnelles pour réaliser cette collection qui illustre la fascination qu’exerçait sur lui Madame de Pompadour qui qui incarnait au plus haut degré la liberté et le pouvoir des femmes.

  • Alaïa, an ode to women and fiendship, pékin ph. DR

  • Alaïa, an ode to women and fiendship, pékin ph. DR