Exposition 27.02.2023 - 20.08.2023

Formes et Patrons d’Azzedine Alaïa par Thomas Demand

thomas demand, partridge, 2021

La Fondation Azzedine Alaïa expose dans la galerie attenante au Studio d’Azzedine Alaïa une série de photographies de Thomas Demand tirée d’un travail réalisé en 2018 et 2019 sur les patrons préparatoires d’Azzedine Alaïa. Au même moment, le Jeu de Paume consacre au photographe une rétrospective intitulée « Thomas Demand, le bégaiement de l’histoire ».

L’exposition des photographies des patrons d’Azzedine Alaïa est une très belle occasion pour dévoiler au public, pour la première fois, un lieu tenu secret depuis la disparition du couturier le 18 novembre 2017 : le Studio d’Azzedine Alaïa. Les visiteurs pourront découvrir, entre deux photographies de Thomas Demand, au travers d’une fenêtre, le Studio de Monsieur Alaïa et imaginer le couturier à l’œuvre.

La série de photographies présentée à côté de l’atelier du couturier révèle la fragilité et la poésie des empreintes papier des vêtements d’Azzedine Alaïa.

Le détail photographique restitue les marques du travail : empreintes de doigts, pliures, perforations et déchirures. Cet assemblage aléatoire de silhouettes en carton, papier et calques aux couleurs de l’arc-en-ciel joue à cache-cache avec l’objectif de Thomas Demand. Ces patrons plats utilisés pour la création de vêtements en trois dimensions, sont ici saisis dans le format bidimensionnel de la photographie.

« Vous ne savez pas s’ils vont être repris un jour, ou s’ils feront partie d’une nouvelle œuvre d’art, et c’est ce que j’ai aimé dans l’atelier : cette incertitude » Thomas Demand.

L’analogie entre le travail photographique conceptuel de Thomas Demand et la découpe papier de pièces couture par Azzedine Alaïa peut surprendre à première vue. Les deux artistes ont en commun le sens d’une plasticité sculpturale et d’une appropriation transformatrice de l’existant. Sorciers romantiques, ils ajoutent tous deux de la beauté au monde en construisant de nouvelles formes et de nouveaux univers.

Recroquevillés, pliés, perforés et dentelés, ces patrons portent les traces du temps, et leurs formes parlent de vêtements, de corps et de silhouettes. Au repos comme des natures mortes semble-t-il, mais le souvenir d’une vie, du mouvement est encore perceptible dans les plis.

Ils sont les reliques d’un travail assidu et précis, prêt à être repris à tout moment. Plissés, déchirés, ils portent des instructions écrites : « la doublure commence ici », « le long ruban gros grain ici », les mesures des incisions, autant de marqueurs visuels du travail de la main.

  • thomas demand, oriole, 2021

  • thomas demand, chaffinch, 2020

  • thomas demand, warbler, 2021

Le livre publié en octobre 2020, avec les photographies que Thomas Demand a prises des patrons utilisés par Azzedine Alaïa, pour préparer ses coupes, est disponible sur notre shop: