Exposition 07.07.2026 - 04.01.2027

AZZEDINE ALAÏA ET L'AFRIQUE

Sous le commissariat d'Olivier Saillard

" Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

Ayant acquis reconnaissance et légitimité au sein de l’univers français de la haute couture, Azzedine Alaïa eut à cœur tout au long de sa carrière d’intégrer les inspirations d’un pays, d’un continent qu’il avait quitté tôt mais qui continuait à exercer sur lui une fascination profonde.

Avec nostalgie, les moucharabiehs viennent se présenter à son souvenir comme lorsqu’il était enfant de Tunis. Habiles cloisons ouvragées qui sculptent la lumière et les regards, les moucharabiehs d’Afrique du Nord trouvent dans les créations d’Azzedine Alaïa une forme de renaissance. Dans le coton blanc, plus optique que les murs recouverts de chaux lumineuse de sa Tunisie natale, le couturier joue avec le cache-cache des corps et des silhouettes furtives. Ajourés, les bas des jupes et des chemises révèlent et dissimulent comme au temps passé. De ces mêmes façades de chaux peintes que l’on éclabousse d’eau froide en été pour rafraîchir les cours, le couturier voulait faire parfum et sensation. L’éblouissement insolent allié à la légèreté des tissus qui semblent convoiter le souffle rare des contrées chaudes resteront constants dans ses créations. D’Afrique du Nord, et des hommes aussi, il retient les vestes simples d’où émergent de longues chemises rayées que montrent fièrement ses mannequins de la collection 1992.

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

À l’opposé en apparence des blancs ensoleillés, Azzedine Alaïa convoque toutes les nuances des noirs. Du plus radieux au plus sombre, ils teintent les mouvements d’une encre chaude, protègent et dessinent tout autant de majestueuses allures, comme dans les collections de 1983 et 1984. Les têtes souveraines s’enroulent de capuches, les gestes s’octroient les principes d’un tissu volage. Du vocabulaire des masques de cuir ou de bois ombre et brûlé, il retient l’économie stylistique. Certaines robes de simplicité affichée deviennent le faciès d’elles-mêmes par l’expression des matériaux invités.

Toutes les couleurs sable des territoires subsahariens sont évoquées avec nuances, comme les subtilités des terres qui semblent sombrer dans les rouges intenses. Les raphias, les ficelles déroulent un imaginaire libre au service de robes dont le couturier a imaginé les empreintes entièrement parcourues de broderies de coquillages et de cauris à l’occasion de trois collections particulièrement sous influence, celles des printemps-été 1988, 1989 et 1990 d’Azzedine Alaïa.

C’est au travers de l’Égypte et de l’art secret des momies qu’il ré-évalue au plus près l’exercice de la coupe, qu’il maîtrise comme nul autre pareil. De cette étude iconographique, Azzedine Alaïa fait naître des créations devenues les plus emblématiques. Ses robes bandelettes, dont les toutes premières datent de 1985, véritables prouesses de coupe qu’il inventa de toutes pièces, excellent à représenter la virtuosité du couturier toujours subjugué par le patrimoine des reines et des pharaons.

 Créées par Kris Ruhs, les peintures qui accompagnent le parcours de l’exposition dialoguent avec les œuvres d’Azzedine Alaïa, créant un paysage sensible où l’art et la mode se répondent.

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

  • " Azzedine Alaïa et l'Afrique" ph. Stéphane Aït Ouarab

L’exposition continue au premier étage avec une série de photographies de Peter Beard. En 1996, Azzedine Alaïa partage avec le photographe Peter Beard un voyage en pays Masaï.