archiver la mode

Je dois tout archiver, tous les grands qui ont laissé leur empreinte et qui jouent un grand rôle dans l'histoire de la mode. J'aurai également chacune de mes propres collections, dans plusieurs variations. Azzedine Alaïa

azzedine alaïa © fondation azzedine alaïa

Conserver, préserver les collections, trésors de patience et de passion que Azzedine Alaïa a constituées en presque cinquante ans est la mission première et fondamentale de la Fondation que le couturier appelait de tous ses vœux.

« Quand Azzedine a fondé l’Association Azzedine Alaïa en 2007, il souhaitait qu’elle devienne une Fondation d’intérêt public. Il voulait que ces trésors réunissant 60 ans de son travail et sa vaste collection de pièces d’art, de design et de mode qu’il collectionnait depuis 1968 soient exposés au public et étudiés par les jeunes créateurs et designers de mode. Il voulait partager ses connaissances avec les générations futures ».

« Sous la direction d’Olivier Saillard, l’avenir de la Fondation atteindra les objectifs les plus ambitieux, avec expositions, conférences, cours et bourses  Alaïa. Archiver cette immense  collection est la première étape et la partie cruciale du processus pour réaliser le rêve d’Azzedine ».

Carla Sozzani et Christoph von Weyhe

LES COURS DU MASTER

Le Partenariat de la Fondation avec la Parsons School

 

Depuis 2019, la Fondation Azzedine Alaïa et l’école d’art et de design Parsons Paris, se sont associées dans le cadre d’un partenariat de recherches portant sur l’incroyable collection qu’a constituée Azzedine Alaïa. Cette collaboration vise à faire connaître l’une des plus importantes collections historiques de mode de Haute Couture dans le monde, tout en présentant aux étudiants les principes et les idéologies propres à l’archivage de la mode.

Faisant partie de la Parsons School of Design de New York, le Master en Fashion Studies à Parsons Paris est le premier programme de Master dans ce domaine en France, et l’un des rares à l’échelle mondiale. La mode y est abordée comme un phénomène culturel impliquant toutes les pratiques liées à la production, la diffusion, la représentation et la consommation de vêtements. Le programme Fashion Studies se concentre notamment sur les questions de mondialisation, de développement durable, de conservation du patrimoine, d’identité et de la consommation quotidienne de vêtements, de l’innovation technologique, de l’avenir de la mode numérique, etc. Une attention particulière est accordée à l’interaction entre la pratique et la théorie et les étudiants abordent tous ces sujets lors de séminaires, conférences et master-classes animés par des universitaires et des praticiens de la mode.

Le cours du Master entre la Fondation Azzedine Alaïa et la Parson School porte sur les modes d’archivage des pièces couture de la collection privée rassemblée par le couturier. Cette collection riche de plus de 8000 pièces historiques d’exception griffées Paul Poiret, Elsa Schiaparelli, Madame Grès ou Madeleine Vionnet, mais aussi de designers avant-gardistes de la fin du XXe siècle (Martin Margiela, Comme des Garçons et Yohji Yamamoto) est en cours d’inventaire.

« Il s’agit d’une opportunité unique pour les étudiants en Fashion Studies à la Parsons School of Design. Les archives de Monsieur Alaïa sont les plus exhaustives et uniques de l’histoire de la mode. Elles ne représentent pas seulement une histoire de la couture, mais elles sont aussi un témoignage crucial de la manière dont Azzedine Alaïa a assemblé, réuni et mis en dialogue différents stylistes et couturiers, à la façon d’un curator. Les archives de la mode ne sont pas seulement des assemblages de pièces et de vêtements ; elles sont également une opportunité de repenser la mode et la manière dont elle demeure et se transmet dans le temps. »
 Marco Pecorari, Directeur du programme de maîtrise en études de mode, The New School Parsons Paris.

2020 « ARCHIVER LA MODE » PAUL POIRET

sous la direction de Marco Pecorari

 

Une de mes amies, Françoise Auguet a organisé la vente de vêtements de la collection Poiret. La famille voulait tout vendre, tout ce que Madame Poiret avait porté et qui avait enchanté le tout Paris. Ça m’a brisé le cœur. J’admirais beaucoup son mari.

  • azzedine alaïa dans sa galerie ph. fondation azzedine alaïa

  • exposition paul poiret, galerie azzedine alaïa ph. fondation azzedine alaïa

  • exposition paul poiret, galerie azzedine alaïa ph. fondation azzedine alaïa

  • exposition paul poiret, galerie azzedine alaïa ph. fondation azzedine alaïa

Les étudiants de la Parsons Paris ont été invités à travailler sur la valeur économique et culturelle de la mode. Cette dernière a beaucoup évolué ces trente dernières années. La mode a commencé à être de plus en plus fréquemment exposée dans les musées. Les grandes maisons de ventes aux enchères ont ouvert des départements de mode et organisent régulièrement des ventes de vêtements, d’accessoires et de photographies de mode. Les maisons de couture ont pris conscience de l’importance de préserver leurs archives, et elles organisent de plus en plus d’événements et d’activités autour de leur propre patrimoine, tandis que des fondations privées ou des musées dédiés aux créateurs de mode émergent.

Azzedine Alaïa a été précurseur en prenant très tôt conscience de cette valeur patrimoniale : dès la création de sa maison, il a gardé scrupuleusement tout ce qui sortait de son atelier et il a initié dès 1968 sa collection de mode historique.

J’ai proposé mon espace à cette amie pour choisir les vêtements, les nettoyer et les exposer. J’ai suggéré d’inviter des photographes pour s’assurer qu’il y ait une trace de ça. À la fin, l’exposition a eu lieu. On a découvert des pièces d’une qualité remarquable, et il y a même eu un catalogue. C’était fantastique.

Pour traiter ce sujet, la Fondation Azzedine Alaïa a offert un très beau sujet d’étude aux étudiants du Master, celui de l’une des plus importantes ventes aux enchères de mode : « La Création en Liberté. Univers de Paul et Denise Poiret » organisée par la maison de vente Piasa Paris en mai 2005, avec le concours de Monsieur Alaïa qui présenta au 18 rue de la Verrerie une grande exposition de la collection Poiret. Cette vente a fait date dans l’histoire des ventes aux enchères de mode.

Les étudiants du Master ont travaillé sur la portée historique de cette vente pour les musées et les collectionneurs, tout en ayant l’opportunité d’étudier des pièces issues de cette vente historique, achetées par Azzedine Alaïa et conservées par la Fondation.

La restitution de leurs travaux est attendue en décembre 2020, avec une publication.

  • archiver la mode © parsons paris

  • archiver la mode © parsons paris

  • gaël mamine © parsons paris

  • gaël mamine © parsons paris

  • archiver la mode © parsons paris

2019 « ARCHIVER LA MODE » CRISTÓBAL BALENCIAGA

en collaboration avec le Costume Institute du  Metropolitan Museum of New York,  sous la direction de Jessica Glasscock et Marco Pecorari

J’ai commencé à collectionner en 1968 quand Balenciaga a fermé sa maison. J’étais déjà rue de Bellechasse. Une des robes venait du défilé de 1955. Il y avait les étiquettes avec les noms des mannequins. Tout d’un coup, j’ai eu ce choc sur la haute couture. J’ai dit : C’est triste que la maison ferme, et que tout disparaisse. Alors j’ai commencé à collectionner.

Sous la direction de Jessica Glasscock, chercheuse associée au Costume Institute du Metropolitan Museum de New York, les étudiants ont été initiés au 1er semestre aux pratiques de catalogage avant de réfléchir à des innovations pour l’indexation des archives des musées. En se concentrant sur des pièces de Cristóbal Balenciaga rassemblées par les soins d’Azzedine Alaïa, les élèves ont aussi exploré les moyens de documentation à travers des enregistrements textuels, visuels et oraux.

balenciaga ph. DR

Pendant trois semaines, du 1 juillet au 18 juillet 2019, les étudiants ont eu l’occasion unique de travailler sur une des plus grandes collections de mode, dans les archives de la Fondation Azzedine Alaïa. Le cours a exploré les collections historiques recueillies par Azzedine Alaïa au cours de sa vie, avec un accent particulier sur une partie de sa collection Balenciaga.
Lors de la semaine de la Haute Couture 2019 à Paris, la Fondation Azzedine Alaïa et l’école Parsons Paris on fait  la première conférence de leur programme éducatif « Archiver la Mode » et ont présenté leur premier cours d’été de Master dans la cour du 18 rue de la Verrerie, sur ce thème : « Archiver la mode ».

Cet évènement public a présenté la restitution du travail des étudiants et initié des échanges sur la pratique de l’archive du patrimoine de mode avec des spécialistes : Marie-Andrée Jouve (auteure et historienne de la mode), Christoph von Weyhe (Fondateur de la Fondation Azzedine Alaïa), Olivier Saillard (historien de la Mode, Fondation Azzedine Alaïa), et Jessica Glasscock (Costume Institute of The Metropolitan Museum of New York).

jessica Glasscock ph. Julien Mouffron-Gardner

« Je me sens extrêmement chanceuse d’avoir eu accès aux archives de la Fondation Azzedine Alaïa et, grâce à celles-ci et aux œuvres qu’il a rassemblées, d’avoir la possibilité d’enquêter sur un véritable couturier du XXe siècle. Je suis surtout ravie de mettre en relation les étudiants avec la vie de collectionneur de M. Alaïa. Je travaille dans les musées et en tant que professeure, enseignant les Fashion Studies depuis près de 20 ans, je sais quelle incroyable opportunité est offerte aux étudiants en ce moment. »
Jessica Glasscock, Associée de recherche, Costume Institute, Metropolitan Museum of New York.

  • archiver la mode © parsons paris

  • archiver la mode, tailleur Balenciaga © parsons paris

  • archiver la mode © parsons paris

  • archiver la mode © parsons paris

  • archiver la mode © marco pecorari

olivier saillard extrait de la conférence archiver la mode © fondation azzedine alaïa

ph. Julien Mouffron-Gardner