La Cuisine

Ma grand-mère Monoubia dirigeait tout dans notre cuisine, il y avait toujours à notre table un couvert en plus au cas où quelqu’un se présenterait à l’improviste en ayant faim. Azzedine Alaïa

Azzedine Alaïa dans sa cuisine ph. Richard Dumas

Fidèle à la tradition de l’hospitalité et de la générosité méditerranéenne, Azzedine organisait des repas légendaires. Dès les années 80 dans son petit appartement de la rue de Bellechasse transformé en atelier, puis au 17 rue du Parc Royal, on pouvait croiser dans sa cuisine Grace Jones, Andrée Putman, Jean-Paul Goude, Miles Davis, Serge Gainsbourg, Tina Turner, Patrick Modiano, Julian Schnabel…S’asseoir à sa table était l’assurance de partager un incroyable moment d’intimité et toujours extrêmement stimulant.

« Partager de la nourriture a toujours été important pour lui. » Veronica Webb

« Chez Alaïa, on pouvait dormir chez lui, passer manger, s’habiller, c’était mon repère familial. D’ailleurs, il y a toujours table ouverte chez lui. On s’assied et il y a Tina Turner qui déjeune avec les petites mains de l’atelier. Tout le monde se mélange, c’est la vraie vie, et c’est beaucoup plus marrant. » Farida Khelfa

azzedine alaïa et Farida khelfa ph. Richard Dumas

La tradition des repas se poursuit lorsqu’il s’installe au 7 de la rue de Moussy, la cuisine était alors toute petite et Azzedine Alaïa continue d’y préparer les repas pour tout le monde avec l’aide de Soumaré, à ses côtés depuis les années 70. Il aimait faire le marché lui-même et sa nourriture était toujours simple à base de produits frais, de poisson ou de viande grillée.

Je me souviens que mon grand-père allait chercher 20 baguettes chaque jour, parce que tout le monde venait chez ma grand-mère. Elle cuisinait tout le temps.

En 2000 la cuisine s’agrandit et devient aussi salle de réception avec une grande table en verre dépoli pouvant recevoir jusqu’à 30 convives. Invariablement, à l’heure du déjeuner, toute activité cessait dans le studio et les ateliers de couture et dans un joyeux brouhaha, au milieu des chiens qui couraient partout et aboyaient, les invités s’installaient : amis, clients, rédacteurs, le personnel de la maison, mannequins, actrices et politiciens, écrivains, peintres et musiciens. Debout aux fourneaux, Azzedine servait lui-même et était toujours le dernier à s’asseoir.

azzedine alaïa et soumaré ph. Richard Dumas

J’aime être entouré. Même maintenant, tous les jours, c’est la même chose, on dîne tous ensemble. Tout est mélangé : des gens de l’atelier, des personnalités connues, des jeunes, des vieux... Ça vient de mon enfance et de mon éducation. J’ai été élevé par ma grand-mère en Tunisie, et sa maison était tout le temps ouverte. Toute la famille débarquait pour déjeuner et on était toujours une vingtaine à table. Dès que je me suis installé chez moi à Paris, j’ai reproduit exactement la même chose.

Azzedine Alaïa dans sa cuisine avec marie-sophie Wilson et Farida Khelfa ph. Richard Dumas

« C’est là dans cette cuisine, qu’a dîné, bu, chanté, dévoré et surtout ri tout Paris. Enfin, le tout Paris d’Azzedine. Des gens choisis pour leur caractère, leur parcours, leur esprit, leur humour et leur franc-parler. Déluge de cuisine tunisienne, française et échanges de confidences furent la règle. On y rencontrait des chiens, ses chers chiens, parfois plus grands et plus gros que lui, Christoph, son compagnon peintre, délicieux alter ego, modèle de distinction germanique, des stagiaires venus de partout qui faisaient les frais de ses farces d’éternel garnement, des livres, des toiles, des gens du monde entier, blacks-blancs-beurs, les papesses de la mode au côté des petites mains, bref, un joyeux bordel dans lequel on se sentait accueilli, immédiatement. » Vanity Fair, France

  • Soumaré, 2007 Ph. Floriane de Lassée

  • Azzedine Alaïa dans sa cuisine © fondation azzedine alaïa

  • Azzedine Alaïa dans sa cuisine avec Grace Jones ph. Bruce Weber

« Il aimait cuisiner et recevoir autour d’une grande table en verre dépoli aussi bien ses chefs d’atelier que des stars internationales ou des intellectuels de renom. Sans aucune hiérarchie, politiques, top-models, intellectuels, artistes, designers, actrices, partageaient sa table avec son équipe. Au fil du temps, sa table est devenue aussi légendaire que ses collections. » Olivier Saillard

la cuisine Ph. Florianne de Lassée

Je voyage au gré des rencontres qui se font autour de ma table de cuisine.

Azzedine Alaïa, Carla Sozzani, Christoph von Weyhe, 2007 Ph. Alec Soth

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